Réussir à piloter l’hypercroissance sans perdre le contrôle

Partagez cet article sur : Les dernières décennies ont placé la traçabilité au centre du jeu. En l’an 2000, Laurent Rousseau s’engage dans cette dynamique en lançant OCEASOFT. Il mise alors sur les capteurs intelligents et connectés pour surveiller température, humidité, CO2, pression… Le cœur de cible : la santé et l’agro-industrie, deux secteurs où la mesure n’a rien d’accessoire.

Quatre ans durant, le projet prend racine sous l’aile du Centre Européen d’Entreprise et d’Innovation Cap Alpha à Montpellier, connu pour son engagement auprès des PME qui veulent grandir. La progression se fait par étapes : entre 2004 et 2010, l’entreprise pose ses bases solides. Mais c’est un contrat décisif, décroché auprès d’un groupe américain, qui change la donne. Dès lors, la croissance prend une autre dimension. Pour une PME industrielle qui carbure, c’est le scénario rêvé : OCEASOFT franchit les frontières et, en 2015, lève de nouveaux fonds pour donner de l’élan à son expansion.

Depuis ce tournant, OCEASOFT a recruté 31 personnes en un an, doublant quasiment ses effectifs pour atteindre 77 salariés. La dernière année fiscale affiche 6,1 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont une part significative, 20%, en Amérique du Nord. La progression : +17,7%. L’entreprise change de catégorie, clairement.

Mes conseils aux créateurs de start-up

par Laurent Rousseau, Président de l’OCEASOFT

1- Savoir mobiliser ses troupes. L’humain, moteur de toute PME

Quand on passe de 40 à plus de 70 salariés, la marche est haute. L’hypercroissance ne laisse pas de répit : chacun doit embarquer dans l’aventure. J’ai choisi la transparence totale : la stratégie n’était pas un secret, elle devait devenir un projet collectif. Notre PME était à un carrefour, prête à accélérer ; il fallait embarquer tout le monde, partager mon enthousiasme, donner du sens à ce qu’on vivait. L’objectif : transformer une croissance rapide en aventure partagée, fédérer autour d’un projet et donner à chacun sa place dans l’histoire.

2- Solidifier la structure de gestion

Structurer vite et bien : c’était la priorité pour encaisser la montée en puissance. J’ai recruté un directeur administratif et financier, puis un directeur commercial. Le management intermédiaire a été renforcé pour tenir le cap. Face à la hausse des effectifs, à l’explosion des commandes et à l’ouverture à l’international, il fallait des fondations solides. La croissance se pilote : aucune place pour l’improvisation.

3- Attirer et fidéliser les talents

Lancer une start-up avec des moyens limités, c’est souvent faire face à des salaires modestes. Pourtant, il fallait attirer, et garder, des profils pointus. Ma solution : activer tous les leviers possibles d’ingénierie sociale. Participation, intéressement, actions pour les salariés ; mais aussi mutuelle, titres-restaurants, cartes-cadeaux… Chaque avantage compte pour rendre l’entreprise attractive et retenir les talents dans la durée.